Nelly Roussel

Conférencière et autrice féministe et anarchiste française

Née le 5 janvier 1878 à Paris, décédée le 22 décembre 1922 à Rueil-Malmaison, à l'âge de 44 ans.


Nelly Roussel naît dans une famille bourgeoise, elle reçoit une éducation traditionnelle catholique dans laquelle, elle se sent rapidement à l'étroit, elle vit particulièrement mal, le fait de pas pouvoir poursuivre d'études au prétexte qu'elle est une femme. Sa révolte la conduit à s'intéresser aux idées féministes et anarchistes. A dix-huit ans, elle épouse le sculpteur Henri Godet, de 15 ans son aîné, un sculpteur franc-maçon passionnément anticlérical et ardent dreyfusard. Elle rejoint une loge maçonnique mixte, la Grande Loge symbolique écossaise, connue pour ses tendances anarchistes, socialistes, féministes et néo-malthusiennes, et qui compte parmi ses membres Louise Michel et Madeleine Pelletier avec lesquelles Nelly Roussel noue de solides liens. Si elle est proche des milieux anarchistes, la grande affaire de Nelly Roussel est le combat féministe. Avec Madeleine Pelletier, elle est une des premières à revendiquer publiquement le droit des femmes à disposer de leurs corps et à prôner une politique de contrôle des naissances. Elle revendique une "maternité consciente et choisie". Elle-même a eu trois enfants. Le 6 mai 1920, quelque mois avant la promulgation de la loi qui va criminaliser non seulement l'avortement et la contraception, mais le simple fait d'en parler (loi du 31 juillet 1920), en réponse aux natalistes qui exigent des femmes qu’elles « remplissent les berceaux vides » et les cantonnent à ce seul devoir, Nelly Roussel lance cet appel à ses congénères,  dans le journal La Voix des Femmes : « Faisons donc la grève, camarades ! la grève des ventres. Plus d’enfants pour le Capitalisme, qui en fait de la chair à travail que l’on exploite, ou de la chair à plaisir que l’on souille ! ». 

Nelly Roussel veut aussi pour les femmes la possibilité de s'épanouir dans tous les domaines, elle conçoit le féminisme comme "une doctrine de bonheur individuel et d’intérêt général. Il veut, pour chaque unité, le droit et les moyens de vivre sa vie complète, de s’épanouir intégralement dans toute sa personnalité, de se faire une place au soleil ; et il veut, pour la Société, le concours actif et ouvert de toutes les forces, de toutes les initiatives, de toutes les ressources humaines." Elle s'élève également contre le Code civil qui fait de la femme une mineure et déclare à son propos dans un discours en 1904 : "Les femmes de toutes les classes – que l’injustice et la souffrance ont faites sœurs et solidaires –, nous toutes, les enchaînées, nous toutes, les sacrifiées, nous nous sommes levées menaçantes, contre la loi exécrable et maudite ».

Brillante oratrice, féministe, anarchiste et pacifiste, Nelly Roussel a fait plus de 300 conférences et écrits autant d'articles. 

Elle meurt prématurément en 1922 de la tuberculose.

 

 

 

 


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"Tant qu'une partie de l'humanité prétendra dominée l'autre, et se croira des droits sur elle… la tyrannie sera inévitable et la révolte sera légitime."

 

 

"Nous ne prétendons pas obliger toutes les femmes à faire telle ou telle chose. Nous réclamons seulement pour elles la liberté de choisir, estimant que tout être humain sait mieux que personne ce qui lui convient à lui-même. Nous ne connaissons pas la Femme, vague abstraction. Nous voyons autour de nous des femmes, créatures concrètes, d’aptitudes, de goûts, de tendances, de tempérament très divers. Et sans méconnaître les différences entre les sexes, nous voulons que l’on tienne compte des différences, non moins grandes, entre les individus."

 

Nelly Roussel

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