Louise Michel

Institutrice, militante anarchiste et féministe française

Née le 29 mai 1830 à Vroncourt-la-Côte (Haute-Marne), décédée le 9 janvier 1905 à Marseille, à l’âge de 74 ans


 

Louise Michel est une des figures majeures de la Commune.

 

Née de père inconnu, Louise Michel grandit avec sa mère - servante - dans le château des parents de Laurent Demahis dont elle est certainement la fille illégitime. Elle y reçoit une solide éducation basée sur les idées des Lumières. Après le décès des Demahis, le château est vendu, Louise Michel hérite d'un petit pécule et part pour Chaumont où elle obtient son diplôme d'institutrice en 1852. Cependant elle refuse de prêter serment à Napoléon III et, à 22 ans, crée une école libre aux méthodes avant-gardistes, à Audeloncourt dans la Meuse. Trois ans plus tard, elle ouvre une deuxième école à Millières en Haute-Marne. En 1856, elle s'installe à Paris, où sa vie de militante va se déployer. Tout en poursuivant sa carrière d'enseignante - elle ouvrira deux écoles libres dans le quartier de Montmartre - elle s'adonne à sa passion pour l'écriture - depuis 1850, elle entretient une correspondance avec Victor Hugo - Louise Michel entre en politique en fréquentant les milieux socialistes révolutionnaires. Elle rencontre, entre autres, Jules Vallès, Eugène Varlin, Herminie Cadolle et collabore à plusieurs journaux dont Le Cri du Peuple. Entre 1868 et 1869, avec l'aide de Clemenceau, elle crée les premières cantines populaires. Quand la Commune (18 mars - 28 mai 1871) éclate, après que les parisien.ne.s aient refusé de capituler fasse aux prussiens qui assiègent leur ville, Louise Michel est en première ligne tant dans les comités de vigilance de citoyennes que sur les barricades. Mais le 24 mai 1871, sa mère est faite prisonnière et Louise Michel se rend pour la libérer. Elle comparaît en décembre devant le 4ème Conseil de guerre, en tenue de deuil (de la Commune) et est condamnée à la déportation en Nouvelle-Calédonie. Durant sa déportation, elle s'intéresse aux canaques, prend leur parti, s'élève contre la colonisation et ouvre une école à Nouméa. C'est à cette période qu'elle se convertit à la pensée anarchiste. En 1880, les Communard.e.s sont amnistié.e.s, Louise Michel fait un retour triomphal à Paris. Elle a 50 ans et devant elle encore des années de lutte pour le progrès social. De séjours en prison, en surveillance policière, en exil (Londres) et conférences par centaines, cette éternelle rebelle ne lâche rien. Elle s'élève contre la peine de mort, contre la prostitution, contre toute forme de pouvoir, donc contre le suffrage universel qu'elle considère comme une supercherie, pour un droit au travail, pour une répartition égalitaire des richesses et pour l'égalité entre les femmes et les hommes. « La question des femmes est, surtout à l’heure actuelle, inséparable de la question de l’humanité. » En 1895, elle fonde avec Sébastien Faure le grand journal anarchiste, Le Libertaire. A la fin de sa vie, Madeleine Pelletier, l'initie à franc-maçonnerie, elle est cooptée le 20 juillet 1904 par la loge mixte « Fraternité Universelle ». Elle meurt à Marseille le 9 janvier 1905 des suite d'une pneumonie contractée en donnant une série de conférences dans les Alpes.

    

 

En savoir +

« On ne s’inquiétait guère à quel sexe on appartenait pour faire son devoir. Cette bête de question était finie. »

 

à propos de la Commune 

Michel - Mémoires

 

"Notre place dans l'humanité ne doit pas être mendiée mais prise »

 

Louise Michel

A travers la mort, memoires, inédits 1886-1890

 


A lire

1.  Louis Michel devant le Conseil de guerre en 1871, elle porte le deuil de la Commune © Institut International d'Histoire Sociale . 2. Louis Michel vers cinquante ans © Fond Emma Goldman