Eugénie Niboyet

Femme de lettres et féministe française

© Nadar (1880)
© Nadar (1880)

Née le 11 septembre 1796  à Montpellier, décédée le 6 janvier 1883 à Paris, à l’âge de 86 ans.

 

Ecrivaine, journaliste et féministe, elle obtint également un brevet en 1838 pour une encre indélébile.

 


 

Eugénie Niboyet (1796-1883), femme de lettres saint-simonienne, puis fouriériste et socialiste, quarante-huitarde active. Militante de la cause de femmes, elle revendique « pour la femme les droits de l’homme ».  

 

« Nous n’écrivons pas pour les esprits étroits qui veulent borner les femmes aux soins du ménage. Les femmes n’ont plus à acquérir leur liberté, mais à l’exercer. »

 

Naissance d'Eugénie Mouchon, en 1796, dans une famille de lettrés genevois.

Elle épouse Paul Louis Niboyet, avocat issu comme elle d’une famille protestante et fils d’un colonel de la Grande Armée de Napoléon 1er. Ils auront un fils Jean Alexandre Paulin Niboyet, né en 1825, futur Consul de France, journaliste, et écrivain connu sous le pseudonyme de Fortunio.

En arrivant à Lyon en 1833, elle fonde le premier journal féministe de province, Le Conseiller des femmes, hebdomadaire sans illustration, à peu près uniquement rédigé par des femmes, consacré à leur éducation. Le Conseiller des femmes a eu le courage de prendre parti en faveur des canuts (insurgé.e.s lyonnais.es avril 1834).   

Venue à Paris, elle écrit trois ouvrages couronnés par la Société de la Morale Chrétienne sur :  la réforme du système pénitentiaire, l’éducation des aveugles, l’abolition de la peine de mort (Lamartine prononce un vibrant discours lors de la remise de prix à Eugénie).

Elle s’initie à la doctrine de Saint-Simon.  Le Père Prosper Enfantin l’intègre dans « le degré des Femmes », elle a en charge l’enseignement des ouvriers. Puis elle et son mari évolueront ensemble vers le fouriérisme, avant que leur couple ne se sépare, vraisemblablement en 1836.

 En juillet 1836, elle fonde la Gazette des femmes. Chaque jeudi, rédacteur.trice.s et abonné.e.s se réunissent pour débattre des droits politiques et civiques des femmes ; on y croise les grands noms du féminisme, dont Flora Tristan. En 1838 elle obtient un brevet pour une encre indélébile.

A cinquante-deux ans, Eugénie Niboyet voit la révolution de Février 1848 arriver avec un nouvel espoir. Elle fonde le Club des femmes, en même temps elle lance La Voix des femmes, premier quotidien féminin, le journal se proclame « socialiste et politique, organe des intérêts de toutes ».  L’égalité des droits y compris du droit de vote est revendiquée. Ce mouvement n’est plus réservé aux femmes, des hommes dont son fils Paulin Niboyet y contribuent.

Le Club connaît un franc succès de curiosité, des hommes viennent y chahuter. Un immense charivari marque la séance du 6 juin où l’on devait traiter la question du divorce. Ces dames sont « moquées » par Daumier et d’autres caricaturistes.

 Après la révolte ouvrière de Juin 1848, le gouvernement exerce une sévère répression et décrète la fin des clubs de femmes. Découragée et meurtrie, elle cesse la publication de la Voix des femmes (qui sera refondé en 1917 par Colette Reynaud et Louise Bodin) ; les féministes se dispersent pour éviter la déportation.

De 1848 à 1860 elle s’exile à Genève. Sans ressources, elle vit de sa plume ; elle écrit des traductions de Dickens, de nombreux romans historiques, des nouvelles.

En 1863, elle publie Le Vrai livre des femmes dont elle envoie un exemplaire à Victor Hugo exilé à Guernesey. L’année suivante elle fonde le Journal pour toutes qui paraitra jusqu’en 1867.

Elle est célébrée au congrès féministe de Paris en 1878.

Ses dernières prises de position sont trois lettres ouvertes pour la défense de Communards déportés en Nouvelle-Calédonie. Elle décède à Paris le 6 janvier 1883.

Figure incontournable du féminisme, elle a fondé et collaboré à une dizaine de journaux, elle s’est s’impliquée dans la plupart des luttes de son époque :  l’éducation et le vote des femmes, la réforme des prisons, l’abolition de la peine de mort, l’abolition de l’esclavage.

 

 

 Article de 

Jacqueline Guinot et Marie-Eve Le Forestier,

 

Arrières-arrières-petites-filles en ligne directe

d’Eugénie Niboyet.

 

 

 

 

« Nous n’écrivons pas pour les esprits étroits qui veulent borner les femmes aux soins du ménage. Les femmes n’ont plus à acquérir leur liberté, mais à l’exercer »

 

Eugénie Niboyet

Correspondance avec ses sœurs, 1833

à propos du Conseiller des Femmes

 

 

 

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Brevet n° 438, déposé par Eugénie Niboyet le 7 juillet 1838 pour une encre indélébile.