Geneviève de Gaulle - Anthonioz

Résistante et militante des droits humains française

Née le 25 octobre 1920 à Saint-Jean-de-Valériscle (Gard), décédée le 14 février 2002 à Paris,  à l’âge de 81 ans.

"Le pire n'est pas la mort, c'est la haine et la violence."

 

Geneviève de Gaulle-Anthonioz

La traversée de la Nuit


Geneviève de Gaulle-Anthonioz est certes la nièce du général de Gaulle, mais elle est bien plus que cela. Elle a 20 ans en juin 1940 quand la France capitule et que le maréchal Pétain opte pour la Collaboration, et elle s'engage sans hésiter dans la Résistance. A la rentrée 1941, elle s'inscrit à la faculté de la Sorbonne à Paris et rejoint le Groupe du Musée de l'Homme dont Germaine Tillion est une des dirigeantes, mais ce n'est pas là qu'elle la rencontrera, les activités résistantes étant très cloisonnées. En 1943, après le démantèlement par la Gestapo du Groupe du Musée de l'Homme, elle rejoint le réseau Défense de la France. Geneviève de Gaulle parle parfaitement l'allemand, ses activités résistantes l'amènent à faire du renseignement (décryptage et transmission d'informations), mais aussi à rédiger des tracts et des articles pour la presse clandestine. Suite à une trahison, elle est arrêtée le 20 juillet 1943. Emprisonnée d'abord à Fresnes, elle est déportée à Ravensbrück, camp de concentration et d'extermination que les nazis ont conçu pour les femmes, en particulier les opposantes allemandes, puis les résistantes de tous les pays occupés. A Ravensbrück, elle se lie d'amitié, entre autres, avec les résistantes Jacqueline Pery-d'Alincourt, "sa sœur de captivité, Germaine Tillion et Anise Postel-Vinay qui, comme elle, seront libérées le 25 avril 1945. En Octobre 1944, elle avait été placée en isolement sur décision de Himmler qui voulait la garder vivante pour en faire une monnaie d'échange. Elle a raconté cette expérience dans un récit aussi bref qu'intense, La Traversée de la Nuit, paru en 1998, plus de 50 ans après les faits.

A son retour en France, elle épouse Bernard Anthonioz, ancien résistant comme elle et éditeur d'Art. Avec lui elle se passionne pour l'Art contemporain.

Elle s'engage au sein de l'Association nationale des anciennes déportées et internées de la Résistance (ADIR) et suit les procès des anciens criminels nazis. Elle témoigne lors du procès de Klaus Barbie en 1987.

 

Dans les années 1950, elle découvre avec horreur les bidonvilles et s'engage au sein d'ATD-Quart Monde dont elle sera la présidente de 1964 à 1998. Les lettres ATD signifient Aide à Toute Détresse, puis Agir Tous pour la Dignité.

Geneviève Anthonioz repose avec Germaine Tillion au Panthéon depuis le 27 mai 2015.

 

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