Anne-Marie Bauer

Enseignante, écrivaine et résistante française

Sans photo d'Anne-Marie Bauer, nous illustrons cet article avec ce dessin purement imaginaire © Si/si
Sans photo d'Anne-Marie Bauer, nous illustrons cet article avec ce dessin purement imaginaire © Si/si

Née le 4 juin 1914  à Paris, morte le 21 septembre 1996 à Paris, à l'âge de 82 ans.

 

Anne-Marie Bauer Bauer naît dans une famille cultivée et amatrice de haute montagne. Elle gravit son premier 3 000 mètres à l'âge de 12 ans avec son père, scientifique, ami entre autres de Paul Langevin, dont la fille Hélène Solomon-Langevin sera aussi résistante.

En 1938, lors d'une ascension, Anne-Marie Bauer subit la foudre et est gravement brûlée, épreuve dont elle écrit : "elle m'autorisa à penser, lors de la Résistance, que j'avais quelques chances de réussir à me taire sous la torture". En 1938, Anne-Marie Bauer prépare une agrégation de Lettres, elle a déjà obtenu sa licence avec une recherche sur Emily Brontë et la nature. La même année sentant la guerre approcher, elle passe son permis poids lourd. Elle conduira des camions et des ambulances jusqu'à l'armistice.

Tout comme ses frères, Michel, Jean-Pierre et Etienne, elle entre dès l'été 1940 dans la Résistance, d'abord dans le mouvement Libération-Sud, puis à partir de 1942 auprès de Jean-Moulin au sein de La délégation  de Lyon y accomplissant, sous les pseudonymes Claudine et Kim 1, des taches de plus en plus importantes : distribution de tracts, codage, décodage, repérages, organisation de parachutages, … Elle supervisera aussi l'évasion de Gérard Brault à Castres. 

Elle est arrêtée le 24 juillet 1943 et conduite au siège de la Gestapo de Lyon où elle est torturée - sans parler - par Klaus Barbie, elle en gardera des séquelles toute sa vie.  Elle emprisonnée à la Prison de Montluc, puis déportée à Ravensbrück.

Dans son récit Les Oubliés et les Ignorés, elle rend hommage à tous ceux et toutes celles (et elles sont nombreuses dans ses pages) à côté desquel.le.s elle a résisté. Elle retrace ses actions dans la Résistance, la torture et la déportation.

Libérée par des partisans polonais en mai 1945, elle ne peut reprendre ses études à cause de son état physique, ses mains ne peuvent plus écrire suffisamment rapidement pour passer des concours. Elle donne des cours de langue aux étudiants étrangers de la Sorbonne et participe activement à la vie intellectuelle et littéraire parisienne, notamment au côté d'Edith Thomas.

Elle publie plusieurs recueils de poésies et récits.

 

Elle est décorée de la médaille d'Officier de la Résistance, d'Officier de la Légion d'Honneur et de la Croix de Guerre 1939-45 avec palme.

 

"En tant que femme, j'avais le droit de courir tous les risques, pas celui de diriger un parachutage."

 

Anne Marie-Bauer

Les Oubliés et les Ignorés

 

A lire