Ada Lovelace

Pionnière de la science informatique anglaise

© Margaret Sarah Carpenter, Governement collection, Londres
© Margaret Sarah Carpenter, Governement collection, Londres

Née le 10 décembre 1815 à Londres, décédée le 27 novembre 1852 à Londres, à l’âge de 36 ans.



 

Inventrice du premier langage informatique.

 


 

Ada Lovelace est la fille du poète Lord Byron et d’Anne Isabella Milbanke, femme extrêmement cultivée et religieuse. Après un mariage malheureux avec Byron et craignant que sa fille ait hérité des « excès romantiques » de son père, elle l’orienta vers les mathématiques. Anna Isabella pratiquait elle-même cette discipline et Byron l’avait surnommée La princesse des parallélogrammes.

Ada est entourée des meilleurs professeurs et, en 1832, fait la connaissance de l’écrivaine et mathématicienne écossaise Mary Sommerville, qui se bat pour l’accession des filles aux sciences. Mary Sommerville encourage Ada et lui présente, en 1833, Charles Babbage, inventeur de plusieurs machines et concepteur de la « machine analytique », l’ancêtre de l’ordinateur. Il a 42 ans, elle en a 17 ans et au-delà de leur collaboration à venir, il va prendre la place du père qu’Ada n’a pas eu. Lord Byron séparé de sa mère quand elle avait 2 ans, a quitté l’Angleterre pour l’Europe et est mort en Grèce à 36 ans sans revoir sa fille.

En 1885, elle épouse William King, comte de Lovelace, lui aussi épris de sciences. En 1836, 1837 et 1839, elle met au monde trois enfants et renonce pour un temps à ses activités mathématiques. Soutenue par son mari et Charles Babbage, elle reprend ses études en 1839 avec Auguste de Morgan, logicien anglais, auteur du "Calcul intégral et différentiel". Elle prend confiance dans ses capacités et entreprend un mémoire sur la machine analytique que Barrage a conçue, mais qu’il n’a pas réalisée.

Elle publie en 1843 une étude démontrant que le procédé de Babbage permettait d'économiser du temps de travail - idée  préfigurant la «révolution informatique». Cette étude est constituée d’une traduction de l’article sur la machine Babbage publié en français par Louis Menebrea, membre de l’Académie des Sciences de Turin et de celle de Savoie, qu’elle enrichie de ses propres réflexions et surtout de ses calculs. Entrevoyant le potentiel de la « machine », elle conçoit ce qui est considéré aujourd’hui comme le premier programme informatique.

Ada Lovelace délaisse ses enfants et son mari au profil de son travail de recherche. Outre Babbage, elle se lie avec les physiciens Charles Wheatstone, Michael Faraday, Andrew Crosse et l’astronome John Herschel (sa sœur Caroline figure dans notre répertoire). Elle s’intéressera aussi aux expériences mesmériennes sur le magnétisme.  

Obsédée par la réalisation de la machine analytique, qu’elle appelle la machine pensante, et dans l’espoir d’accumuler les fonds nécessaires à sa fabrication, elle engouffre sa fortune personnelle dans le jeu. Elle croyait avoir mis au point une martingale qui lui permettrait de  gagner aux courses. De santé fragile, Ada Lovelace souffre depuis l’enfance de fortes migraines et, au fil des années, elle est devenue opiomane. Elle meurt d’un cancer de l’utérus à l’âge de 36 ans, comme son père, auprès duquel elle demande à être enterrée.   

 


A noter

Ada Lovelace est une figure importante dans les pays anglo-saxons et en Allemagne. Aux Etats-Unis, le Ada Lovelace Day célèbre les femmes scientifiques et l’Ada Initiative soutient les projet de femmes de sciences. En Allemagne l’Ada Lovelace Festival organise sur plusieurs jours des conférences sur les sciences et la technologie. 

Ada est le nom d’un langage de programmation conçu par l’équipe de CII-Honeywell Bull.


En savoir +


Lettre de Lovelace à De Morgan, à propos du calcul différentiel
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 © Alfred Edward Chalon (1838),  Musée des Sciences, Londres
© Alfred Edward Chalon (1838), Musée des Sciences, Londres

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