Barbara Hepworth

Sculptrice anglaise

© Erling Mandelmann (1966)
© Erling Mandelmann (1966)

Née le 10 janvier 1903 à Wakefield (Yorkshire), morte le 20 mai 1975, à l’âge de 72 ans.

 

Barbara Hepworth est une sculptrice britannique reconnue dans le monde entier et s’intéressant à des formes abstraites inspirées de la nature.

Elle obtient en 1920 une bourse pour étudier à la Leeds School of Art, une école très réputée. Elle y rencontre Henry Moore, un artiste qui s’intéresse lui aussi à la sculpture abstraite et auquel on associe très (trop) régulièrement Hepworth. Elle obtient en 1921 une bourse pour entrer au Royal College of Art, dont elle est diplômée en 1924 et une autre pour aller étudier en Italie. Elle épouse le sculpteur John Skeeping en 1924, ils retournent à Londres et ont un fils en 1929.

Hepworth commence à voyager à Paris dans les années 30 avec le peintre Ben Nicholson. Elle rencontre et visite les ateliers d’artistes, comme Brancusi ou Arp, et s’inscrit dans des mouvements importants à l’époque, le collectif Abstraction-Création par exemple. Elle crée avec Nicholson et Paul Nash le groupe Unit One en 1933, qui cherche à réconcilier art abstrait et surréalisme.

En 1934, elle a des triplés avec Nicholson, avec lequel elle se marie en 1939. Deux de ses enfants deviendront artistes. Elle explique à propos de la maternité : « Une femme artiste n’est pas désavantagée par le fait de cuisiner, d’avoir des enfants, d’allaiter ou de soigner la rougeole de ses enfants (même pour des triplés). Elle peut en réalité être nourrie par cette vie riche, à condition de toujours travailler un peu chaque jour, pour que les images continuent de grandir dans son esprit. ».

En 1939, Hepworth et sa famille déménage en Cornouailles, à St Ives. Ce déménagement est à la fois l’opportunité pour elle de travailler dans un atelier en plein air, mais aussi de s’engager socialement pour aider la population et les artistes pendant la guerre. Elle s’intègre dans la communauté de St Ives, s’occupe d’une école maternelle, cultive des légumes, fait des collectes de fonds. En 1949, elle co-fonde avec Nicholson la société d’artistes Penwith Society of Arts.

En 1953, son fils Paul meurt tragiquement lors d’un crash d’avion, en servant dans la Royal Air Force. Hepworth réalise une sculpture de Vierge à l’enfant en sa mémoire. Son amie Margaret Gardiner l’emmène alors pour un voyage en Grèce et dans les îles Egéennes où elle visite Delphes, Athènes et qui l’inspire beaucoup pour ses dernières œuvres. Elle meurt dans un incendie accidentel de son atelier en 1975, à l’âge de 72 ans.

Alors qu’elle est très connue de son vivant, elle est un peu oubliée de nos jours, notamment en France. Cela s’explique par différentes raisons : on s’intéresse peu aux artistes étrangers et étrangères, on ne les achète pas et leurs œuvres n’entrent pas dans les collections publiques ou privées. De plus, son art, abstraction sociale et utopiste intéressent peu à l’époque. Un autre problème, c’est qu’on la place souvent dans l’ombre d’Henry Moore, on l’a même considérée comme une disciple de ce dernier, ce qui est complètement faux historiquement. De plus, il y a des différences notables dans leur travail, par exemple, Henry Moore n’abandonne jamais la figuration. Aujourd’hui, on commence à se ré-intéresser à son œuvre, comme en témoigne l’exposition qui lui est consacrée début 2020 au Musée Rodin.

Barbara Hepworth, même si elle représente parfois à  des formes reconnaissables, s’illustre surtout dans l’art abstrait. Elle est marquée par l’œuvre de Brancusi, dont elle apprécie les formes et la dimension humaine qui s’en dégage, que l’on retrouve dans sa muse endormie par exemple. Les sculptures d’Hepworth, si elles ne dévoilent pas des formes précises, nous renvoient à des émotions familières, on y reconnait les paysages, l’être humain, les mouvements de la vie. Il y a une dimension spirituelle dans son art. Selon Catherine Chevillot, la sculpture pour elle, comme pour Brancusi ou Arp, était une manière d’exposer la possibilité d’un monde idéal et harmonieux après les deux guerres mondiales. Les textures et les formes évoquent le mouvement des vagues, la pierre érodée par le sable, le vent, le soleil et l’eau, mais aussi la figure humaine qu’elle définit comme « une partie libre et mobile d’un ensemble plus vaste ».

Elle dit en 1951, « nous allons perdre notre aptitude à vivre si nous ne nous sentons pas en harmonie avec les rochers et avec le caractère intemporel de la vie, dans son mouvement perpétuel et sa renaissance. »

Aujourd’hui, on peut contempler les œuvres de Barbara Hepworth dans plusieurs collections de musées, mais surtout dans le Barbara Hepworth Museum and Sculpture Garden, installé dans son ancien atelier et jardin, qu’elle avait dessiné avec une de ses amies, la compositrice Priaulx Rainier.

 

Marine Laboureau

Etudiante en Histoire de l’Art à l’Université Lyon II,

en stage chez Si/si au printemps 2020

 

« Toute ma sculpture sort du paysage : la sensation de la terre quand on marche dessus, la résistance, l’usure, les affleurements, les structures de croissance (…) aucune sculpture ne vit vraiment tant qu’elle ne retourne pas au paysage. »

« Les exigences du travail sont aussi impérieuses pour une femme que pour un homme"

 

Barbara Hepworth 

1. - Deux figures, Menhirs (1964), © Tate Modern, Londres 2. - Olympus, lithographie © Tate Modern, Londres. 3.- Pelagos (1946) © Tate Modern, Londres.  4. - Child with Mother (1972) © Pace Gallery, New York. 5. - Disques échelonnés (1935) © Barbara Hepworth Museum


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Barbara Hepworth Museum Barnoon Hill, Saint Ives TR26 1AD, Royaume-Uni

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