Elfrida Andrée

Compositrice, organiste et cheffe d’orchestre suédoise

Née le 1er février 1841 à Visby, morte le 11 janvier 1929 à Göteborg, à l’âge de 87 ans.


 

Elfrida Andrée naît dans une famille cultivée et engagée. Son père, Andreas Andrée, est médecin et homme politique, il se bat toute sa vie pour faire progresser les lois sociales et l’égalité des femmes. Fredrika (1836 - 1880) et Elfrida, puis leur jeune frère, Tor (1848-1901), reçoivent une solide éducation musicale. Tor pratiquera le violon en amateur, mais Fredrika et Elfrida s’engagent toutes les deux dans une carrière de musiciennes professionnelles, ce qui est à la fois très mal vu et extrêmement rare. Soutenue par leur père qui n’hésite pas à les envoyer partout en Europe où les filles peuvent suivre une formation musicale (mais jamais équivalente à celle des garçons), il les suit d’abord à Stockholm, puis à Leipzig et Londres et leur offrira les leçons particulières des plus grands maîtres. Fredrika devient une grande chanteuse d’opéra, tandis qu’Elfrida se consacre à l’orgue et à la harpe

Elfrida Andrée passe concours et examens en candidate libre.

Elle obtient son diplôme d’organiste professionnelle à l’âge de 16 ans, mais la loi l’empêche en tant que femme d’exercer son métier. Elle continue à prendre des cours et étudie la composition entre autres avec Ludvig Norman, figure importante de la vie musicale suédoise de l’époque. 

Parallèlement à sa formation musicale, elle développe une haute conscience politique et participe aux luttes des femmes pour l’égalité de leurs droits. Aidée par son père, elle s’engage dans un combat législatif visant à obtenir un amendement permettant aux femmes organistes de recevoir un salaire et, à 24 ans, devient la première femme à obtenir un poste d’organiste à l’Eglise française réformée de Stockholm.

Tout en poursuivant sa carrière d’organiste et de compositrice, elle se forme au métier de télégraphiste dont elle veut également que les femmes puissent l’exercer en étant rémunérées.

Première télégraphiste suédoise, elle ouvre la voie aux autres femmes en occupant, durant le mois de septembre 1863, le poste de télégraphiste dans la ville de Strömstad.

Figure populaire et remarquée, Elfrida Andrée est élue à l’Académie royale de musique de Suède en 1864, puis au poste d’organiste et directrice musicale de la cathédrale de Göteborg en 1867. Elle parvient à faire entendre sa musique de chambre dans différents salons, mais il lui est beaucoup plus difficile de faire produire sa musique pour orchestre. En 1869, après un coup d’essai dont elle trouve l’exécution si mauvaise qu’elle quitte la salle de concert, elle détruit sa première symphonie. Les refus et moqueries seront nombreux et nombreuses sur sa route, mais elle ne lâchera jamais la partie.

Dès 1870, elle se ré-attèle à la composition d’une seconde symphonie achevée en 1879. Enfin jouée (médiocrement) en 1893, l’œuvre est primée en 1894 à Bruxelles.

1894 est aussi l’année où elle se lance dans la composition de son unique opéra Fritiofs Saga (La Légende de Fritiof) avec son amie Selma Lagerlöf  - première femme à recevoir le prix Nobel de littérature en 1909 - qui en écrit le livret. Les deux femmes répondent au concours proposé par le nouveau Théâtre royal de Stockholm. Leur œuvre est refusée et n’a jamais été représentée.

Amitiés et solidarités féminines sont importantes dans la vie de la compositrice, elle rencontre ses paires durant ses nombreux voyages et promeut le travail de celles qui l’ont précédées, ainsi interprète-t-elle le Trio op. 17 de Clara Schumann (1819 - 1896)  à l’automne 1881.

L’activisme infatigable d’Elfrida Andrée lui fait composer la cantate Droit de vote pour chœurs, solistes et orchestre, à l'occasion de la Conférence internationale pour le droit de vote des femmes qui se tient à Stockholm en 1911

 

Elle s’éteint à Göteborg, le 11 janvier 1929, et avec elle son œuvre tombe dans l’oubli. Elle est peu à peu redécouverte depuis la fin des années 1990, mais reste assez méconnue en France.

 

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“ Il serait plus facile de faire pleurer une pierre que de réussir à m’arracher l’idéal que je poursuis : l’élévation et l’émancipation de la femme !  

 

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