Miltante et résistante espagnole
Née le 1er janvier 1919 à Barcelone en Espagne, morte le 8 juin 2010 à Montady en France, à l'âge de 91 ans.
Sara Berenguer Laosa naît dans une famille ouvrière, elle est l’aînée de cinq enfants. L’engagement de son père, Francisco Berenguer, maçon et un militant anarchiste et l’illettrisme de sa mère, Pilar Laosa, qui assume les tâches ménagères et l’entretien de la famille, enracinent très tôt en elle une conscience politique où prévalent l’égalité de sexes, l’accès à l’éducation et la liberté.
Elle commence à travailler dans une boucherie dès l’âge de 13 ans, révoltée par le sexisme ambiant, elle quitte de nombreux emplois, jusqu’à trouver une formation de couturière et parvenir à s’installer à son compte.
L’autorité et plus encore l’autoritarisme lui sont insupportables, elle s’engage dans plusieurs mouvements révolutionnaires et anarchistes : Comité révolutionnaire du quartier de Las Corts à Barcelone, Comité révolutionnaire du syndicat du bois, Jeunesses libertaires (FIJL) et Mujeres Libres (Femmes Libres).
Ces différents engagements la conduisent à exercer de nouvelles activités, ainsi elle accomplit des tâches de mécanographe comptable, de secrétaire, de rédactrice et participe à l’alphabétisation de femmes dont veut éveiller les consciences et les possibilités d’expression. « Ne pas avoir les mots justes pour dire ce que l’on a à dire est un lourd handicap, une faiblesse qui mettait les femmes dans une condition d’infériorité. » dit-elle dans un entretien avec Jacinte Rausa, en 1997.
Sara Berenguer Laosa prend part à la lutte contre les franquistes durant toute la guerre civile espagnole.
En 1937, elle défend, armes au poing, la Casal de la Dona Treballadora (Maison de la femme travailleuse) dirigée par Amparo Poch y Gascón, médecin, miltante féministe et anarchiste. La Casal de la Dona Treballadora était un espace avant-gardiste crée par les Mujeres Libres où étaient dispensés de nombreux enseignements (généraux et professionnels aussi bien que la conduite), on y défendait par ailleurs la contraception, le droit à l’avortement, la liberté sexuelle, en opposition non seulement au rôle familial et maternel traditionnel assigné aux femmes, mais aussi à l’idée d’une binarité sexuelle.
Son amitié avec Sol Ferrer, militante anarchiste et essayiste, fille du pédagogue libertaire un temps exilé en France, lui permet d’apprendre le français, ce qui lui sera très utile lors de son exil en 1939 lors de la Retirada, l’exode des réfugiés de la guerre civile espagnole.
En février 1939, Sara Berenger Laosa traverse les Pyrénées clandestinement et à pieds.
À son arrivée et jusqu’en avril 1939, elle est internée dans le camp d’Argelès-sur-Mer, où elle poursuit ses relations et activités avec les milieux anarchistes.
À sa sortie du camp, elle retrouve, à Perpignan, des membres du Comité national de la Solidarité internationale antifasciste (SIA) qu’elle avait rejoint en Espagne en 1938, qui lui fournit un emploi. Elle retrouve aussi des membres de la Confédération Nationale du travail (CNT) syndicat anarchiste où elle avait également été active.
Avant de rejoindre la Résistance en 1941, elle porte assistance aux réfugié·es espagnoles servant de traductrices et fournissant différents soins, en particulier aux femmes enceintes.
Entre 1941 et 1945, elle est affiliée au groupe CNT de Bram dans l’Aude en lien avec la Résistance Française Intérieure (RFI). Agente de liaison, elle parcourt l’Ariège, l’Hérault et la Haute-Garonne, transportant armes et messages pour différents groupes résistants. Elle continue, en outre, à travers différents écrits clandestins à transmettre les idées anarchistes et antifascistes.
Sara Berenguer Laosa reste en France après la guerre et poursuit ses engagements en faveur des femmes et de la liberté. Elle entame un important travail de mémoire pour que ne soient pas oubliées toutes ses compagnes mortes sous les balles de Franco ; « Pour vous, les jeunes, qui continuez ce que nous avons commencé il y a bien longtemps. Car il y a encore à faire pour l’émancipation de la femme en particulier, et pour celle de l’être humain en général. » dit-elle dans son entretien avec Jacinte Rausa.
Elle écrit aussi de la poésie, en espagnol.
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"Qui se sent opprimé doit arracher sa liberté "
Sara Berenguer
Entretien avec Jacinte Rausa
Le Monde libertaire, mars 1997





