Noor Inayat Khan

Résistante britannique d'origine indienne

Née le 1er janvier 1914 à Moscou, décédée le 3 septembre 1944 à Dachau, à l’âge de 30 ans.


Noor Inayat Khan est qualifiée par sa biographe d'" espionne improbable ", il est vrai que rien ne semblait destiner cette jeune femme délicate, pacifiste et multi-diplômée, au rude travail d'espionne, les apparences ne reflétaient pas son courage…

Noor Inayat Khan naît à Moscou, au Kremlin, où son père, Hazrat Inayat Khan, harpiste et grand prêtre de la religion Soufi, avait été invité par le tsar Nicolas II. Sa mère, aux origines anglo-écosso-irlandaises, Ora Ray Bayer, dite Pirani Ameena Begum, est écrivaine et poétesse. Par son ascendance paternelle, Noor est une princesse musulmane soufi.  

En 1916, la famille Inayat Khan s'installe à Londres, puis en 1921, en France.

Comme le reste de sa fratrie - elle est l'aînée de quatre enfants - Noor reçoit une éducation portée sur les arts et la littérature, elle pratique, comme son père, la harpe.

Après avoir obtenu son baccalauréat, en 1931, elle intègre l'École normale supérieure de musique de Paris, puis s'inscrit à la Sorbonne d'où elle sort, en 1938, avec une licence de psycho-biologie infantile

Elle a également commencé à écrire de la poésie et des contes diffusés par Radio-Paris et publiés dans Le Figaro.

 

Mais la Seconde guerre Mondiale va faire chavirer sa trajectoire. Dès la déclaration de la guerre, Noor Inayat Khan suit les cours d'infirmières de la Croix-Rouge et obtient ses brevets d'infirmière et d’ambulancière

Dès l'annonce de l'Armistice par Pétain, qui trahit ses alliés en signant une paix séparée et en assujettissant la France à l'Allemagne nazie, Noor persuade sa mère, sa sœur et un de ses frères de quitter la France pour l'Angleterre.

Abandonnant les préceptes de non-violence dans lesquels il et elle ont grandi, Noor et son frère Vilayat décident de s'engager dans la lutte contre le nazisme.

Le 19 novembre 1940, Noor rejoint la Women's Auxiliary Air Force, la force féminine auxiliaire de de la Royal Air Force (RAF) et adopte le nom de Nora Baker, en hommage à sa mère. Elle suit un entrainement intensif et une formation d’opératrice radio. Elle est l'une des premières résistantes formées à cette tâche.

L’agilité de ses doigts de harpiste qui en font un codeuse hors paire et son bilinguisme sont des atouts,  mais sa fragilité et sa délicatesse inquiètent ses supérieurs, cependant son courage et sa volonté font pencher la balance en sa faveur. 

En 1941, elle commence son travail d'opératrice au centre de bombardiers de la RAF, elle y est chargée de la liaison radio avec les bombardiers en vol.

Au printemps 1942, elle suit  la formation en transmission pour opérateurs radio clandestins. Et,  consciente des risques qu'elle encourt, le 8 février 1943, elle rejoint le SOE (Special Operations Executive), la branche des services secrets britanniques qui a pour mission de soutenir les divers mouvements de résistance des pays d'Europe occupée. Noor Inayat Khan intègre la section F, comme France, avec le grade d'officier et le matricule 9901.

Elle est soumise à un nouvel entrainement intensif, mais devant l'urgence d'envoyer un opérateur radio au réseau Prosper-PHYSICIAN, elle n'a pas le temps d'apprendre à sauter en parachute et est déposée en Lysander sur le sol français, le 17 juin 1943, .

Première femme opératrice radio envoyée en France, elle est affectée au réseau PHONO, sous-réseau de Prosper-PHYSICIAN, sous le pseudonyme de Madeleine.

Ses missions sont d'autant plus risquées que les trois dirigeants de Prosper-PHYSICIAN sont arrêtés quelques jours après son arrivée. C'est le début d'une série massive d'arrestations qui disperse le réseau. Noor échappe à deux arrestations, en juillet et poursuit coûte que coûte ses missions.

Sept opérateurs radio sont arrêtés entre la fin juin et début août. Elle est désormais la seule "opérateur radio" libre de la section F en action dans la région parisienne. Londres veut la rapatrier, mais sans remplaçant elle refuse de rentrer. Le 30 juin , elle transmet à Londres le vote du Conseil national de la Résistance (CNR) qui vient d'élire Georges Bideau en remplacement de Jean Moulin arrêté à Caluire le 21 juin. 

Après une dénonciation dont on ignore toujours qui en est le ou la responsable, Noor Inayat Khan est arrêtée entre le 11 et le 13 octobre (date incertaine) et interrogée dans les locaux de la Gestapo.

Elle ne parle pas. 

Elle est transférée à la prison de Pforzheim, où elle reste neuf mois avant d'être déportée à Dachau, où elle meurt, ainsi que ses trois compagnes du SOE, Madeleine Damernent, Eliane Plewman et Yolande Beekmansous les coups de l’officier SS Friedrich Wilhelm Ruppert, en septembre 1944.

Friedrich Wilhelm Ruppert sera jugé et condamné à mort pour crimes de guerre lors du procès Dachau, il est exécuté par pendaison le 29 mai 1946. 

 

Grâce aux enquêtes menées Vera Hatkins, adjointe de Maurice Buckmaster, responsable de la section F, la famille de Noor sut que le dernier mot prononcé par elle, avant d'être achevée d'une balle dans la nuque, fut « liberté".

 

 

 

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