Cécile Rol-Tanguy

Sténodactylographe, syndicaliste et résistante française

Née le 10 avril 1919 à Royan


Cécile Rol-Tanguy, née Marguerite Le Bihan, est la fille de Germaine et de François Le Bihan ouvrier électricien syndicaliste et militant communiste.

Formée au cours Pigier de sténodactylo, elle travaille en novembre 1936 au Syndicat des métaux CGT de la région parisienne, où elle rencontre Henri Tanguy. Elle grandit avec le militantisme paternel, mais son engagement personnel est lié aux luttes sociales et antifascistes des années 1930. En 1936 elle adhère à l’Union des jeunes filles de France fondé entre autres par Danielle Casanova et Marie-Claude Vaillant-Couturier. Puis, en 1938, elle adhère au Parti communiste. Elle devint la marraine de guerre d’Henri Tanguy, avec qui elle se marie en 1939.

L’arrestation de son père comme communiste le 15 avril 1940 conforte sa conviction que la guerre est d’abord menée contre la classe ouvrière. Henri Tanguy démobilisé reprend contact dès le 19 août 40 avec Gautier trésorier du Syndicat clandestin des Métaux, puis prévenu le 5 octobre de l’arrestation de celui-ci, Henri entre immédiatement en clandestinité. De l’automne 1940 au printemps 1941, Cécile Tanguy frappe des  documents et assure des liaisons pour les comités populaires des métallos, dont Henri est l’un des responsables. Comme elle le dit dans une interview : «Je n’étais pas derrière lui, mais bien à ses côtés.» 

A partir de juillet 1941, Cécile Tanguy, successivement Jeanne, Yvette, Lucie, joue un rôle essentiel auprès d’Henri quand il devient responsable, militaire ou politique, de directions inter-régionales des premiers groupes armés, puis des FTP. Outre un travail de secrétariat, il arrive aussi à Cécile Tanguy de transporter tracts et journaux clandestins, armes et explosifs. « Dans le landau d’Hélène, l’aînée de nos quatre enfants, puis dans celui de Jean, je transportais des revolvers, des grenades, des journaux clandestins 

Pendant l’insurrection parisienne, Cécile Tanguy vit dans le PC souterrain de Denfert-Rochereau, comme l’équipe de dactylos de l’État-major. Le 28 août 1944, elle est la seule femme invitée à la réception du général de Gaulle au Ministère de la Guerre.

Au lendemain de la Libération, alors qu’Henri Tanguy, désormais Rol-Tanguy – le patronyme sera officialisé en 1970 – rejoint le général Koenig au Gouvernement militaire de Paris et commence une carrière militaire, Cécile Tanguy est notamment chargée d’organiser le service social de l’état-major régional FFI, créé en octobre 1944. Adhérente du Parti communiste, elle est membre de l’Union des femmes françaises (UFF).

 Après la Libération, suivant de près tous les combats menés par les femmes, elle retient particulièrement celui du droit de vote. « Le général de Gaulle l’a attribué aux femmes, mais ce sont elles qui l’ont gagné, s’exclame celle qui fut grande électrice en 1946. "Quand je vois maintenant ces figures féminines au Parlement, je constate des progrès, mais ce n’est pas encore la parité».

Elle s’engagea fortement pour la mémoire des antifascistes et des résistant.es

 

Article rédigé par Danièle Soubeyrand

 


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